Les routières seront sympa

On est tombé sur cet amusant petit cartoon publié dans le New Yorker de l’été dernier :

Not super-smart.jpgLa voiture pas vraiment maline mais qui vous soutient vraiment : « Ça alors, quelle extraordinaire conductrice vous faites ! »

Blague à part, la voiture de demain ressemblera peut-être plus à cette Not Super-Smart Car qu’aux beaux concept-cars des salons de l’auto ou aux prototypes autonomes qui sillonnent les rues de Californie.

Aujourd’hui, constructeurs, consultants et conteurs nous annoncent des lendemains chatoyants où la voiture sera 1) connectée et 2) autonome.

Nous reviendrons dans un autre article sur la question du 2). Le problème du 1), c’est qu’on a toujours du mal à voir en quoi une voiture connectée serait supérieure à un téléphone, connecté par essence et dont les stores débordent d’applications. Toutes les idées que vous pourriez avoir pour la voiture connectée sont déjà disponibles sur votre téléphone…

Mais avec un peu de technologie embarquée et beaucoup d’intelligence, on pourrait faire des voitures qui vous soutiennent, qui sont sympathiques. Elles pourraient vous féliciter quand vous conduisez bien depuis suffisamment de temps – sauf quand vous activer le mode Flattery, parce que de temps en temps ça peut faire du bien à votre ego. Elles pourraient aussi mettre d’elle-même une musique douce quand elles voient que vous tirez la gueule – pas de science-fiction ici, la technologie est disponible et ne coûte rien. Elles pourraient même surveiller les enfants à l’arrière et les distraire de façon moins stupides que nous l’avons tous fait en leur mettant le DVD de la Reine des Neiges pour la centième fois.

Le champ est bizarrement aujourd’hui peu exploré, alors que si on réfléchit bien, n’est-ce pas ce que font nos not-so-smart-phones ? Sur le plan purement fonctionnel, ils font à peu près la même chose qu’un PC de la fin des années 90, mais avec quel sens de la personnalisation et quelle expérience utilisateur ! Et d’une façon telle que nous en sommes tombés accros

BreakTheWall@Berlin

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Comment rendre agile une entreprise européenne traditionnelle ? Comment casser les silos des organisations ? Comment faire tomber les murs entre les équipes ? Berlin est sans doute la meilleure ville où trouver facilement des réponses à de telles questions.

L’inspiration du terrain

A chaque coin de rue, l’urbanisme de la capitale allemande apparaît comme l’analogie d’une transformation réussie : historique assumé, alliance – plutôt qu’opposition – de l’ancien et du moderne, actifs valorisés chaque fois que possible… et chantier permanent. Il y a toujours quelque chose à construire, à améliorer ou à restaurer. Les délais ne sont pas toujours tenus, mais la vision guide l’action de l’entrepreneur jusqu’à son terme.

À Berlin, tout n’est pas conçu pour résister au temps qui passe : les pop-up stores fleurissent, les boutiques se déplacent dans la ville en fonction des opportunités, sans se sentir obligées de figer une fois pour toutes une adresse pourtant prestigieuse. Si la marque est puissante et son expérience agréable – pas besoin d’aller jusqu’à l’addiction – d’un coup d’œil à leur device, les clients pourront aisément la relocaliser.

Back to Basics

Le milieu technologique berlinois est pragmatique. Ici, on laisse à d’autres écosystèmes plus prétentieux les discours à base de disruption, de logiciel qui dévore le monde en général et votre déjeuner en particulier, ou de winner takes all. Chacun innove et développe produits et services en bonne intelligence avec les autres acteurs, qu’ils soient des startups, des acteurs établis de la technologie ou des monuments industriels. On cherche à faire un bon produit, sur le fond comme sur le style, en respectant le client – donc pas d’espionnage, pas de hook. Être agile ne signifie pas renier les standards qui ont fait la force de la deutsche Qualität.

N’est-ce pas là l’esprit qui animait la Silicon Valley à ses débuts, avant que la software platform industry n’établisse son hégémonie ? Ou est-ce tout simplement le souffle national du Mittelstand ? En tout cas, ici on a compris qu’il ne suffit pas de singer les rituels de l’agilité, d’en adopter le jargon et d’en adorer les totems pour en obtenir les bénéfices. Passer d’une logique de travail en groupe à celle de travail en équipe est un long chemin où il faut échouer pour avancer.

#BreakTheWall

Rappelons-nous pour finir cette belle leçon d’histoire : le mur de Berlin a été construit en top-down, mais il a été détruit par le bottom-up.

Petite histoire de l’Excellence Opérationnelle

Le schéma ci-dessous établit une filiation directe entre le taylorisme, première approche scientifique de l’organisation du travail, et les dernières méthodes de management made in California.

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Il ne s’agit pas de prétendre qu’on prend les mêmes méthodes et qu’on recommence : il y a à chaque étape enrichissement de l’approche, notamment du fait que le sujet quitte un écosystème pour se frotter à la culture et aux problématiques locales d’un autre.