La bagnole à Najat

On avait déjà utilisé pour illustrer un autre sujet – et pour une autre tendance politique, comme quoi on est pas (trop) sectaires – le concept de la voiture à Momo.

L’idée véhiculée en est simple : moins le produit est de qualité, plus on a tendance à le galvauder encore par d’inutiles appendices décoratifs.

La dernière réforme de l’Éducation Nationale, qui touche le collège, correspond exactement à cette image : le système éducatif public français se meurt, étouffé par une administration déconnectée des réalités, sous-motorisé par un corps professoral payé au lance-pierre, paralysé par de multiples réformes contradictoires, au gré des changements de ministres qui veulent chacun laisser une trace de leur passage, dans un réflexe qui n’est pas sans évoquer les pratiques de la race canine. Quel que soit le système de mesure des résultats – analphabétisme des jeunes adultes, maîtrise des 4 opérations au secondaire, culture générale… – les scores de la France ne cessent de s’abaisser, fixant à chaque fois un record de honte collective.

Or les réformes annoncées à grand tapage par les gouvernements successifs ne cherchent jamais à établir un lien entre les innovations qu’ils introduisent et les changements de tendance espérés : pour la dernière en date, il s’agit de « mieux apprendre pour mieux réussir ». D’accord, mais comment mesure-t-on ce mieux ? Vise-t-on l’évolution progressive d’un indicateur simple et incontestable ? Le mystère reste entier, car les seuls chiffres cités dans la présentation de cette réforme relèvent des moyens et non des fins : « 1 h 30 de pause méridienne, 20% du temps consacré aux nouvelles modalités d’enseignement, maîtriser 2 langues vivantes dès la 5e… ».

Pour justifier le changement, on fait bien appel à un diagnostic chiffré reposant sur la fameuse méthode PISA : « -5.7 points perdus en 9 ans en mathématiques. ». Fort bien, mais on aimerait bien savoir combien de points les nouvelles mesures vont améliorer les choses. et là, c’est le silence, le désert, le vide intersidéral.

Ce ne peut être un oubli : quand on a un objectif, on l’affiche, ne serait-ce que pour galvaniser à peu de frais les troupes. Las ! Face à une épave rouillée qui perd ses pièces, le gouvernement préfère vite acheter un volant en moumoute, un nouveau becquet arrière et des LED bleues à mettre sous le châssis pour arriver à faire du neuf avec du déglingué et séduire l’acheteur, pardon l’électeur.

Hélas pour nos élus, les urnes n’utilisent pas les mêmes éléments de langage : elles ne s’expriment qu’en nombre de bulletins, et dans ce domaine-là aussi, la gauche s’apprête à franchir un nouveau plancher dans une dizaine de jours.

Pour conclure en revenant un peu dans la thématique de ce blog – énergie et dérision – on saluera la performance peut-être historique du présent gouvernement socialiste, capable de démanteler l’école de Jules Ferry plus vite qu’il ne le fait de Fessenheim-la-promise.

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