La loi des séries

En matière de série télévisée, il existe une expression amusante qu’on peut transformer en règle générale, sinon en loi : « jumping the shark », soit « sauter par-dessus le requin » en français. Elle fait référence, comme l’explique wikipédia, à un épisode des Jours heureux où le scénariste de service dut recourir à une séance de ski nautique au-dessus d’un sympathique sélacien pour maintenir l’audience ; cette scène poussive est devenue ainsi un exemple de symptôme d’une série télévisée en déclin qualitatif. Dans le langage peaknik, on aurait dit qu’elle avait passé son pic.

En 1998, le Dr Campbell et J. Laherrère lancèrent le pilote d’une longue série sur un réseau spécialisé américain : Peaking Bad était né.

Il fallut attendre le début des années 2000, avec la première hausse significative des prix du pétrole, pour que la première saison commencent à circuler sur des réseaux indé’ spécialisés aux Etats-Unis (TheOilDrum, Peakoil.net, etc) puis en France (Oléocène principalement).

Initialement post-apocalyptique – la série a failli s’appeler The Peaking Dead – la série se développa également sur le plan de la géopolitique et de la sociologie, avec l’arrivée de nouveaux personnages récurrents (le changement climatique, le nucléaire, la finance sans visage… ) mais aussi quelques faire-valoir comiques (moteur Pantone, survivalisme, Desertec…) destinés à détendre l’atmosphère de plus en plus pesante.

A partir de 2007, soit vers la cinquième saison, certains épisodes commencèrent à déraper sérieusement : avec l’incursion de la sphère politique française, le scénario commença à tenter une reconversion vers Benny Hill – on se souvient du célèbre débat présidentiel Sarko-Ségo où chacun jeta à la tête de l’autre des chiffres faux pour montrer son incompétence face aux questions énergétiques. Le requin montrait le bout de son aileron…

A partir de 2010, les réseaux nationaux américains trouvèrent la parade et matraquèrent le paysage audiovisuel avec un concurrent de poids : Games of Shale (le Trône de Schiste en français). Malgré quelques rebondissements intéressants comme le personnage de Fukishima en saison 9, la tendance politico-comique continua à plomber la série du Dr. Campbell qui usa jusqu’à la corde l’argument léger de la transition énergétique (saisons 12 et 13).
Dernier soubresaut du moment : une pitoyable histoire de rapport secret de l’ADEME qui démontrerait qu’on peut électrifier la France à 100% avec des énergies renouvelables, pour le même coût que le nucléaire. C’est oublier que le nucléaire français ne peut plus mourir d’une part, et d’autre part oublier qu’avec une tartiflette électrique composée de 63% d’éolien et de 17% de solaire – le scénario préféré de ce rapport – la France disjoncte les nuits sans vent.

Envoyez la mire, cela vaut parfois mieux qu’un mauvais programme.

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