Peak Jobs

Ne vous méprenez pas : il ne s’agit pas ici de commenter la dernière keynote d’Apple et de décider si, maintenant que Steve Jobs n’est plus parmi nous, Apple a vraiment perdu sa capacité à innover et nous surprendre.

Il s’agit bien ici du pic de l’emploi. Notre Président attend depuis trop longtemps l’inversion de la courbe du chômage – autrement dit le Peak Jobless – mais malheureusement, si telle inversion survient, elle ne sera que temporaire. La faute à qui ? Aux migrants qui viennent manger notre pain et prendre notre travail, à la façon du boulanger de Fernand Raynaud ? A la théorie de l’effondrement de la société thermo-industrielle, minée par la complexité, la surpopulation et la raréfaction des hydrocarbures ?

Non, tout simplement à lui :

T-1 EyesOui, oui, vous l’avez bien reconnu : Terminator, Skynet, et tout ce qui s’ensuit. La vraie menace pour l’économie, ce sont les machines pensantes, l’intelligence artificielle. Car dans probablement 15 à 20 ans, on aura fait suffisamment de progrès dans les domaines de l’informatique qu’on pourra, presque sans qu’on puisse s’en apercevoir, remplacer les cols blancs aujourd’hui tous rivés à leur PC portable par leur PC lui-même.

A l’instar du pic pétrolier, révélé dans l’indifférence générale dans un article paru dans Scientific American – soit également 15 ans avant que l’événement redouté commence à paraître statistiquement très probable – cette menace de la robotisation des ronds de cuir a été très sérieusement annoncé il y a déjà presque exactement 2 ans dans une note de 72 pages sobrement intitulée The Future of Employment. La démonstration par A+B qui y est faite fait froid dans le dos : les technologies actuelles, ou simplement légèrement extrapolées, feraient disparaître près de la moitié (47% exactement) des emplois aux Etats-Unis.

Ce raisonnement vaut aussi pour l’Europe : nos employés de bureau et mêmes nos cadres moyens n’en sont pas moins automatisables. Les pays à bas coût, qui ont bénéficié ces dernières années d’un afflux d’activité tertiaire grâce aux opérations d’offshoring massif, sont tout aussi menacés : les jobs qu’ils ont accueillis sont en très grande majorité  transactionnels, répétitifs, alimentés par des documents déjà sous forme électronique et ayant pour produits de sortie d’autres documents électroniques : pourquoi diable garder l’humain dans la boucle ? Il continue à faire des erreurs, ne travaille que quelques heures par jour, a besoin d’être nourri et veut en plus des promotions et des augmentations !

Cette destruction massive d’emplois pourrait s’effectuer à toute allure : contrairement aux robots mécaniques qui coûtent cher à fabriquer, tout le monde sait qu’il est très facile de dpuliquer un logiciel à l’infini, pour un coût quasi-nul. Ainsi, le jour où AccoutingBot 1.0 sera opérationnel et certifié par les grandes maisons d’audit, il se répandra à la surface de la Terre en quelques mois.

Inutile de vous dire qu’il nous paraît peu probable que la société sache absorber ce choc, et encore moins l’anticiper : pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler que notre Président vit encore dans le paradigme des Trente Glorieuses et ne voit dans la lutte contre le changement climatique qu’une façon de se faire réélire avec les voix des écologistes.

A chacun son combat.

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