Freakologists

Ce titre est un hommage aux bouquins de Stephen Levitt, Freakonomics et sa suite Superfreakonomics.
FreakologistsCes deux ouvrages sont en fait une collection aux liens ténus de longs articles d’économie « saugrenue » qui montrent que, même dans des mondes parfois gris comme la drogue urbaine ou la prostitution, les lois de la micro-économie moderne – et donc comportementale – continuent de fonctionner.
Le dernier chapitre de Superfreakonomics, consacré au réchauffement climatique, ne pouvait pas nous échapper.
Le problème de cet important sujet aujourd’hui, c’est qu’il sent le réchauffé. Aucun fait majeur n’a émergé depuis plusieurs années : si le phénomène n’est plus niable scientifiquement, ses conséquences environnementales, sociétales et économiques restent hors de portée du cerveau humain. On nous agite donc devant le nez des spectres de « réfugiés climatiques », des super-tempêtes et autres météores catastrophiques et, assez curieusement, une extinction animale presque limitée à l’ours blanc.
Une grande partie du problème actuel gît dans cette incertitude : comment forcer l’humanité entière à changer de paradigme civilisationnel pour qu’elle ne change pas de planète ? Déjà, quand la menace est connue, par exemple le cancer du poumon, on a un mal fou à faire comprendre aux gens de cesser les comportements anodins qui accroissent la menace, comme fumer une cigarette.
Le point de vue de Levitt est original mais finalement rationnel : ne cherchons pas à atteindre un objectif encore plus dur que d’amener 7 milliards d’hommes à arrêter la cigarette, l’alcool et la malbouffe. Partant du fait qu’il faut désormais maintenir la température globale à son niveau actuel, faisons ce que l’homme sait bien faire : polluons encore un peu plus.
Car c’est un fait : pour un coût ridicule à l’échelle de l’humanité – moins de dix centimes par personne – on peut techniquement injecter la quantité as hoc de dioxyde de soufre dans la stratosphère, afin de créer un filtre gazeux qui réduira le pouvoir réchauffant des rayons du soleil et ainsi, annuler l’effet réchauffant des gaz à effet de serre.
Cette technique de géo-ingénierie est évidemment décriée de tous bords, mais finalement, n’est-elle pas similaire à cette méthode utilisée pour traiter l’obésité qui consiste à enlever des bouts d’intestin au patient pour réduire son métabolisme, sa volonté ayant abdiqué face au démon boulimique qui l’a possédé ?
Bref, si vous débordez d’optimisme dans l’Homme et croyez au plus profond de vous que le jour est proche où un ascétisme altruiste régira la personnalité de chaque être humain sur Terre, allez à la dernière Conférence de Paris sur le Climat.
Sinon, oubliez cette agitation dérisoire, rejoignez le rang des freakologists et intéressez-vous à ceux qui travaillent dans la géo-ingénierie : seuls eux pourront peut-être vraiment inverser la courbe de température de la Terre. Aujourd’hui, il n’a jamais fait aussi chaud à Paris, de mémoire d’homme, pour un mois de novembre.
Record du 7.11.15
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Un commentaire

  1. Wendy · novembre 8, 2015

    Il faut faire confiance aux ingénieurs chinois ! Il vous ont lu !

    http://www.theguardian.com/world/2015/nov/04/china-underreporting-coal-consumption-by-up-to-17-data-suggests

    J'aime

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