Vintage Flight Simulator

OI 39Comme d’habitude , en cherchant autre chose, nous sommes tombés sur un quasi-incunable : un de nos premiers articles grand public, paru en… 1982, dans le numéro 36 de l’Ordinateur Individuel (l’O.I.), mensuel disparu depuis plus d’une décennie. On ne résiste bien entendu pas à l’envie de le mettre en ligne, même si c’est l’occasion de regretter la presse papier : à l’époque, ces quelques lignes nous avaient rapporté l’équivalent d’environ 90 euros d’aujourd’hui… O tempora, o mores !

L'OI FS1Bonne nouvelle pour les possesseurs de TRS 80 Niveau 1, ce programme, contrairement à beaucoup d’autres actuellement en vente pour cet ordinateur individuel, est compatible avec leur matériel. Il n’y aura pas que les « Niveaux II » qui en profiteront…

On sort enfin avec ce programme des sempiternels jeux de café du type Space Warp, Star Trek et autres Galaxian, où les graphismes, s’ils sont plus ou moins réussis, n’en sont pas moins fort peu variés et où l’essentiel du jeu est limité à de l’adresse et de la chance ; s’il y a aussi possibilité de score sur le FS 1, sachez que vous aurez beaucoup de mal à faire 20 malheureux points, même si vous en faites 100 000 à Super Nova ! Ici, la capacité de calcul de l’ordinateur est utilisée à fond et ne sert pas qu’à animer l’écran ; quant aux commandes, elles sont nombreuses et certainement plus réalistes que les « Rotate Left » ou « Fire ». Par ces particularités énoncées, le simulateur de vol de l’entreprise américaine Sublogic, qui est aussi le concepteur de Saturn Navigator pour Apple II, se distingue donc des autres logiciels de distraction réalisés pour TRS 80. La documentation : trente six pages réunies en un fascicule, malheureusement en anglais, vous initient à l’utilisation pratique du programme et aux principaux fondements de la conduite aérienne : comme je l’ai déjà fait remarquer, on ne trouve pas un bouton « pour monter » et un autre « pour descendre » ; il faut ici agir sur les ailerons de votre biplan — car c’en est un — par l’intermédiaire du célèbre manche à balai, et n’allez surtout pas croire que des ailerons en position haute forment une condition nécessaire et suffisante pour monter : pour ce faire, il faut que votre vitesse soit suffisante pour ne pas décrocher et que votre avion ne descende que modérément ; en d’autres termes, il est très difficile de sortir d’un piqué. De même, pour virer, vous devrez incliner plus ou moins votre appareil, sa vitesse angulaire étant alors fonction de l’inclinaison. Bref, le maniement de l’appareil ne s’acquiert pas en quelques minutes.

Mais cela, pensez-vous si vous avez réalisé le programme de P.S.V. paru dans l’OI n° 33, je le sais déjà ; alors, où est la nouveauté ? Ce à quoi je vous réponds : l’élément supplémentaire, le « plus », c’est la vue en trois dimensions des environs, et animée bien sûr ; cependant, n’allez pas vous imaginer que le FS 1 transforme votre TRS en système haute résolution : le 128 x 48 sévit encore, d’où le fait qu’à basse altitude on a du mal à percevoir le monde extérieur et à le concrétiser ; c’est là qu’on se dit qu’avec un Apple II… ; par contre, lors de virages, du fait de la plus petite dimension horizontale du point élémentaire (SET), les vues sont franchement meilleures et, grâce à leur succession rapide — de l’ordre de 3 à 5 images par seconde — elles sont parfaitement explicites quant à votre situation dans l’espace : sans aucun doute, on est dans un avion en virage !

t80-fs11

Il serait bon de décrire d’ailleurs ce que vous pouvez voir : le terrain de survol est un carré de 6 x 6 miles, en bon programme anglo-saxon, bordé au Nord par une chaîne de montagnes qui permet de se repérer, et divisé en 36 petites parcelles d’un mile carré sur lesquelles on trouve épars une piste d’envol — la vôtre — un aéroport civil qui sert lui aussi de point de repère puisque vous ne pourrez décemment y atterrir, un aéroport militaire — celui de l’ennemi — et un dépôt d’essence, ennemi lui aussi. Le treillis qui rassemble tous ces éléments entre eux, c’est que vous être aux commandes d’un biplan britannique de la Première Guerre mondiale (un Sopwith Camel pour les connaisseurs) et vous devez détruire le dépôt et les cinq As de l’aviation allemande, dont un super-as qui semble être le Baron Rouge. Ils tenteront de vous en empêcher, et y réussiront d’ailleurs bien souvent ! On pourra reprocher la pauvreté de la schématisation des ces avions ennemis, puisque ce ne sont que des points sur l’écran, mais enfin, si on veut un jeu en temps réel de ce type avec 16 K, il ne faut pas rêver. Si vous désirez rester pacifiste, ne déclarez pas la guerre au début du jeu et vous serez alors maitre pour le meilleur et pour le pire d’un Piper Cub aux performances équivalentes à celles de son homologue militaire. Sinon, préparez vos quatre malheureuses bombes et vos deux mitrailleuses Vickers, dont les munitions s’épuisent — très — rapidement.

Reste à observer, d’un œil critique, l’ensemble du programme : c’est sans conteste un logiciel où ce qu’on voit n’est pas ce qui prime, car il tient compte sans cesse de plus de vingt variables à dépendance non linéaires, en temps réel bien entendu, selon des algorithmes de calcul bien choisis qui fournissent des données plausibles, algorithmes ordonnés par un organigramme complexe, non trivial à transcrire en BASIC et très difficile sans doute à rédiger en assembleur. Les auteurs méritent un coup de chapeau. L’ensemble est soigné, même la routine de lecture mérite qu’on lui prête attention : outre le fait qu’elle interdit toute copie sauvage du programme, un compteur alphanumérique permet la localisation aisée de l’erreur de contrôle de somme et la modification appropriée du volume ; un défaut toutefois : le magnétophone ne s’arrête pas lors du démarrage automatique du programme.

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2 commentaires

  1. groumpf · mars 14, 2016

    Je crois reconnaitre le simulateur sur lequel se sont entrainés les pilotes du vol AF447 !

    Sans rire le simu F15 que j’avais sur Spectrum était beaucoup mieux : au bout d’une 1/2 heure de « vol » on pouvait apercevoir l’avion chassé : un pixel sur l’horizon. L’évolution de l’informatique est assez décevante dans l’ensemble mais les simulateurs se sont bien améliorés quand même.

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  2. Pingback: Où sont passées les geekettes ? | Aerobar Films

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