Engie, when will those dark clouds disappear?

Engie when will these dark clouds disappearAprès avoir annoncé une perte de près de 5 milliards d’euros en 2015, a nouvelle DG tente de rassurer employés et actionnaires dans un entretien accordé au Monde. Elle y annonce qu’ « énergie décarbonée et numérique sont les deux poumons d’Engie pour le futur« , mais peut-on croire que l’ancien GDF Suez va tout d’un coup se muer en opérateur de microcentrales hydrauliques, de panneaux solaires et de services numériques ?

En fait, il faut lire en creux la stratégie d’Engie : elle évoque le « désinvestissement dans le pétrole et charbon »… sans doute pour mieux (et plus) investir dans le gaz – n’oublions pas que la prononciation anglaise des initiales de natural gas, c’est enn-gi – mais elle préfère sans doute ne pas le citer parce que le méthane n’est pas une molécule tant décarbonée que cela : cela ferait tache avec son blabla sur le changement climatique quelques lignes plus haut. L’uranium est lui complètement décarboné, mais il est évident qu’on ne va pas en parler ici… Cela dit, il doit rester une vraie question stratégique pour Engie : faut-il se débarrasser des centrales belges pourries ou bien croire que l’atome a encore un avenir, quitte à se faire renflouer par l’Etat dans quelques années ?
on pourrait croire que la « transformation numérique » a pour principal enjeu la monétisation des énormes bases de données clients d’Engie. Seul problème, ce sont des données pauvres : même avec des tas de data scientists, comment donner du sens et de la valeur à la consommation énergétique d’un foyer, et notamment quand les mesures se font 2 fois par an par un relevé manuel de compteur ? Autrement dit, qui va acheter de telles informations ? Personne, évidemment. Mais on ne sait jamais, si on trouve un gogo… On peut aussi s’imaginer que l’Internet des Objets va faire du thermostat de chauffage le nouvel iPhone des prochaines années, connecté à Facebook et prenant des selfies quand vous baissez la température…

Il y a évidemment deux autres enjeux importants mais pas très glamour en communication à cette transformation numérique : l’automatisation des activités tertiaires – profitez bien des êtres humains à l’accent maghrébin quand vous êtes aujourd’hui en relation avec un call center, dans quelques années ce seront des machines avec qui vous converserez – et la fintech : trading haute fréquence, création d’une activité de banque de détail,etc.

Avec le ­renouvelable, et en par­ticulier le solaire, la donne change radicalement. La plupart des ­consom­mateurs d’énergie seront aussi des producteurs d’énergie. C’est déjà le cas en Californie, où vous voyez que la plupart des maisons ont équipé leur toit de panneaux.

On ne sait pas où Madame Kocher va en Californie, mais que ce soit à San Francisco, Los Angeles ou dans la Silicon Valley, nous avons vu plus de Tesla Model S que de paneeaux solaires…

Nous voulons profiter de cette mutation pour attirer les jeunes talents. Or la génération des 20-25 ans préfère les petites structures et les start-up aux grands groupes. Attirer les talents d’une nouvelle génération pour relever les défis de la révolution énergétique sera une des preuves symboliques de notre réussite.

Là encore, il faut lire l’inverse : c’est en fait essentiellement pour attirer les jeunes que Madame Kocher prône le numérique et l’énergie décarbonée, car aujourd’hui qui aurait envie de rejoindre un dinosaure aux activités polluantes ?

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Un commentaire

  1. Wendy · mai 6, 2016

    Du gaz, des robots et de la financiarisation modélisée par un grand mathématicien.
    C’est tout ce que j’ai compris. Mais je ne suis pas très intelligente.

    Que faire des veilles centrales ? Détruire (?) , mettre à l’arrêt les vieilles centrales atomiques serait un secteur de recherche passionnant. Par contre, peu d’emplois créés mais de la recherche en robotisation.

    Le méthane ? Idem. Je ne sais pas ce que les décideurs industriels et politiques pensent de tout cela. Quelle politique énergétique pour le siècle à venir ? Les pro-nucléaire ne me semblent pas avoir pris le dessus, les pro-solaires sont en perte de vitesse, donc…. On continue comme d’habitude mais avec « moins ».

    On fait pareil mais en moins. Il n’y a eu aucun changement réel qualitatif mais il y en a eu un quantitatif.

    D’un autre côté davantage de chômeurs… La robotisation de l’économie est énergivore….et elle s’avère lente.

    Merci pour l’humour ! Personnellement je ne vois aucune ligne directrice dans la « politique énergétique » mondiale.

    Mais, j’ai certainement loupé quelque chose….

    Merci pour tout.

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