Dunkirk Flameover

Décidément, le Calaisis devient un site de classe mondiale pour tester les scénarios catastrophe et les débuts de fin du monde actuel.

On savait déjà qu’en plus du flot inextinguible de migrants en route pour l’Angleterre, cette région se préparait à subir les affrontements tout aussi inexorables de la montée du niveau des mers.

Mais l’industrie, sans doute dépitée par la fermeture de la seule usine européenne d’aspartame il y a 2 ans, a décidé de frapper un grand coup en construisant un terminal gazier de première grandeur, abondamment décrit et photographié dans le dernier numéro de l’Usine Nouvelle.

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Méthanier en goguette

Saluons d’abord le coup de génie stratégique : au moment où cet investissement pharaonique a été décidé, on ne devait pas parier un kopek sur le gaz de schiste. Mais aujourd’hui, ces installations flambant neuves vont pouvoir accueillir les excédents gaziers américains et nous rendre ainsi moins tributaire de l’approvisionnement russe.

Sur le plan technique, il a été osé ce que personne n’osait : coupler un terminal gazier à une centrale nucléaire. En effet, les eaux tièdes de la centrale de Gravelines vont servir à réchauffer le gaz qui sort, liquéfié et glacial, des soutes des méthaniers à quai. L’idée est plutôt maline sur le plan du bilan énergétique, et fait meilleure effet que les célèbres fermes à crocodiles qu’EDF avait pour l’instant trouvé comme seul débouché pour les quantités monstreuses de chaleur à basse température que ses centrales rejettent. Sur le plan littéraire, cela pourrait donner des idées à un Tom Clancy mal renseigné qui voudrait en faire l’étincelle de la fin de l’Europe : les risques de couplage catastrophique sont quasi-nuls.

Par contre, il y a une très mauvaise nouvelle dans l’article :

Les trois immenses réservoirs de 50 mètres de haut, qui occupe 6 000 mètres carrés au sol et affiche un volume de 190 000 mètres cubes (…) sont les plus grands d’Europe. Dans chacun d’entre eux, l’Arc de Triomphe tiendrait. L’enceinte compte quatre « couches » : un conteneur qui accueille le gaz liquéfié à -162°C, un mètre d’isolants dont la perlite, une chemise (ou « liner ») de sécurité en cas de fuite et une enceinte de béton de 80 centimètres. Ensemble, elles assurent l’isolation thermique du réservoir. Elles peuvent aussi résister à des agressions extérieures comme le crash direct d’un avion léger.

Malheureusement, les terroristes n’utilisent plus depuis belle lurette de petits coucous pour se jeter sur les cibles emblématiques de la puissance et de la culture occidentale : ils font appel à des avions de ligne, bien plus lourds et rapides, et donc potentiellement capables de crever un tel réservoir. L’explosion accidentelle d’un seul de ces réservoirs pourrait avoir une intensité proche d’une fraction de la bombe d’Hiroshima…

DK Flameover

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Un commentaire

  1. Wendy · mai 10, 2016

    C’est dingue ! Merci !

    J'aime

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