HyperLoop: tant que c’est droit, ca va

On parle beaucoup du concept HyperLoop en ce moment, la nouvelle société disruptive d’Elon Musk qui, après PayPal pour les banques, Tesla pour les automobiles premium, et SpaceX pour les lanceurs spatiaux, veut désormais « manger le déjeuner » des compagnies aériennes et ferroviaires en couvrant le monde d’un nouveau réseau de transport fondé sur le transport par tube, à l’instar du pneumatique.

Le concept a fonctionné à Paris pour le transport de courrier jusqu’en 1984, donc il ne s’agit pas d’un principe complètement inédit. Maintenant, les mêmes solutions retenues pour le transport de quelques centaines de grammes de papier sont-elles encore valables pour celui de plusieurs tonnes de marchandises ou de passagers ? Pour l’instant, la communication bat son plein, les investisseurs et les ingénieurs se précipitent chez HyperLoop pour faire partie de ceux qui pourront dire « j’y étais ».

Dans ces éléments de communication, on voit assez peu souvent la façon dont HyperLoop compte résoudre un problème simplissime en avion et en train : le virage.

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En effet, le véhicule (pod, cf ci-dessus) qui voyagera à l’intérieur du tube est long et assez peu flexible, contrairement à ceux naguère utilisés pour le transport de courrier : il ne peut à priori traverser que des tubes droits. L’illustration ci-dessous, pourtant tirée du site corporate d’HyperLoop, paraît donc hautement fantaisiste au vu des angles entre les tubes : le pod transporteur resterait clairement bloqué à la jointure.

HyperLoop under the sea

Deux solutions sont possibles pour traiter ce petit problème :

  1. avoir des angles entre tubes extrêmement faibles et donc que le rayon de courbure soit très grand. Pour le passager, c’est autant de confort car il subira des accélérations centrifuges très faibles, mais cela nécessite de bien planifier le tracé des voies, encore plus que pour les voies TGV.
  2. prévoir des stations de changement de cap : lorsque HyperLoop traversera un milieu urbain, il devra de temps en temps être capable de virer plus rapidement : il faudra alors des stations dédiées, un peu comme pour certains téléphériques.

Cette petite question du virage sec n’est pas trop développée par HyperLoop aujourd’hui : c’est logique, car elle amène des contraintes de tracé et endommage le business case d’une desserte : les stations de changement de cap représentent un investissement complémentaire et surtout, il faudra probablement fortement décélérer, voire arrêter, le véhicule avant de lui faire changer de cap.

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Un commentaire

  1. Wendy · mai 10, 2016

    Merci ! J’ai éclaté de rire !!!!! Trop fort ! Yes, somebody eat our lunch ! (Super titre que celui-ci !)

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