Sortir du PIB

On a été amenés à découvrir l’interview de M. Gaël Giraud sur le blog Oil Man :

Gaël Giraud, du CNRS : « Le vrai rôle de l’énergie va obliger les économistes à changer de dogme »

Contrairement à ce qui est écrit dans tous les manuels d’économie, l’énergie (et non le capital, sans elle inerte) se révèle être LE facteur essentiel de la croissance, selon Gaël Giraud, 44 ans, directeur de recherche au CNRS et jésuite. Economistes, perpétuez-vous depuis deux siècles la même bourde fatidique ?

Ce monsieur est très intelligent mais comme il ne sait pas sortir du cadre théorique qu’on lui a appris, il finit par tourner en boucle, comme beaucoup d’autres théoriciens de l’énergie et de l’économie d’ailleurs.
Par exemple, il est complètement obsédé par la croissance du PIB qu’il considère comme une variable économique fondamentale, au même titre que la gravitation en physique. La révolution copernicienne qu’il nous propose est d’annoncer que la croissance est plus corrélée à l’énergie qu’au capital… Est-on plus près de Copernic que de Hipparque et de ses épicycles ?

Pourtant, le concept de PIB a seulement émergé il y a 80 ans… pour sortir de la dépression des années 30. Il a été assez utile jusqu’au début des années 70, mais il est plus que temps désormais de changer d’instrument de mesure, au moins dans les pays occidentaux. C’est un peu comme si on considérait que, pour suivre la santé d’un être humain, il fallait éternellement mettre sous contrôle l’accroissement de sa taille sous prétexte que c’est un facteur prédominant pendant l’enfance ! Evidemment, à partir de 20-25 ans, cette approche révèle ses limites, surtout si elle pousse le corps médical à prescrire des talonnettes voire à rajouter des vertèbres…
Sans pour autant prétendre que notre société est arrivé à l’âge adulte et encore moins à celui de la sagesse, il faut désormais décider quelle est notre nouvelle frontière : c’est une exercice de vision difficile mais qui sera nécessaire pour sortir de la crise. Aujourd’hui, cette vision n’existe pas, la preuve en est l’expression de « transition énergétique » : transition vers quoi ? On nous donne comme objectif le passage d’un gué, mais personne ne nous parle de l’autre rive.
Mais ce n’est pas en restant focalisé sur la disposition des roseaux sur notre rive du moment, ni même en regardant le chemin chaotique qui nous a permis d’y parvenir, qu’on progressera vraiment.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s